Cheminer, vers soi, cheminer vers vous

Le rythme de la marche, chaque jour différent, se modifiant au gré du sentier, le chemin qui s’ouvre et l’esprit qui se délie, les jambes qui portent, vaillantes et régulières, impatientes de s’exercer à grands pas, et la tête qui s’allège, s’aère, respire.

Marcher pour mieux penser, pour fatiguer ou bien calmer le petit singe agité qui saute à grands bruits dans l’esprit, marcher pour avancer bien sûr, pour ne pas s’engluer dans les sables mouvants de l’angoisse, de l’amertume, des petites et des grandes peurs. Marcher.

Faire et refaire le même chemin, observer la rivière, aller la saluer, vouloir et réussir à lui ressembler, par mimétisme, par fraternité naturelle, s’accorder au rythme de son flot, de sa course régulière, l’accompagner. Elle avance, vive, ne se soucie ni des rochers, ni du froid, passe par-dessus et par-dessous la glace, fabrique avec elle des volutes, des rondeurs délicieuses, crée du beau, l’air de rien, et ne se laisse pas entraver, non, jamais.

Le tout petit ruisseau, lui, dans ce matin froid de décembre, semblait figé, en apparence du moins, la glace l’isolait, on ne le voit ni ne l’entend plus, il a comme disparu, il hiberne peut-être ?, mais la rivière, elle, chante toujours, rumeur, murmure, fracas, soupir inaltérable.

Et les arbres immenses et nus de l’hiver, autour et au dessus d’elle, veillent.

Son lit de gros cailloux blancs brillent sous le soleil.

Se reposer sur l’un d’entre eux, et savourer la réunion parfaite des éléments : la montagne, l’eau, les arbres et la lumière.

Alors, en marche : le solstice d’hiver est salué, les jours rallongent doucement, et voici ce nouvel espace d’écriture, parenthèse de souffle et de pas, comme une fenêtre qui ouvre l’imaginaire, et crée la rencontre, le rendez-vous…

À bientôt.

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